Start-up: le financement (3)   


Créer une start-up n’est pas un choix technique conscient dans la mesure où cette dénomination développée par la pratique ne correspond ni à un terme légal ni à un régime juridique et encore moins à un régime fiscal particulier. Ce choix est d’autant moins volontaire qu’il est souvent l’initiative d’un entrepreneur peu au fait du droit des affaires, du droit fiscal, du droit des produits financiers, des finances, de la gestion prévisionnelle, des techniques de financement, de la négociation financière, de l’étude de marché, et de l’administration. Autant de domaines de gestion imbriqués qui rendent la tâche périlleuse si elle est menée en solitaire.
La réalité dont témoigne la pratique est celle du constat fait par un entrepreneur, évoluant dans le domaine des nouvelles technologie, qu’il va manquer de financement pour développer et tester une idée pour l’heure embryonnaire et dont la faisabilité et la rentabilité laissent présager un avenir certain sur un marché donné.
Ce marché est à l’heure actuelle confiné dans des domaines requérant une haute spécialisation. C’est ainsi que la plus grande part des idées et innovations entraînant la rencontre entre un projet de créateur et un investisseur en capital-risque est celle de la conception de logiciels (35% des innovations soumises à étude de financement), suivie des télécommunications (15%), de la biotechnologie et de l’e-commerce (15%).
Le profil du créateur est donc celui d’un technicien spécialiste d’un des domaines ci-dessus cités sans exclusive. Si sa technicité est le vecteur de la création de richesse, il n’en reste pas moins que l’exploitation de son idée est soumise à une batterie de tests visant à juger de la pertinence technique du projet et de sa viabilité commerciale.
C’est la raison pour laquelle, il est coutumier de soumettre de tels projets au label de l’Anvar qui dispose de documents, techniques et méthodes d’observation lui permettant de juger du devenir d’un projet. Ce label délivré par l’Anvar n’est pas juridiquement obligatoire mais il est vivement conseillé dans la mesure où son avis jouit d’une autorité reconnue par les professionnels tant du domaine technique en cause que des financiers.
Concrètement, l’idée brièvement soumise à l’Agence fait l’objet d’un rapport analysé et confronté au marché principalement sous l’angle technique. A l’issue de cette étude, l’Anvar rend un avis qui, s’il est favorable ouvre au créateur les portes du financement et de l’assistance par différents types de professionnels.
C’est au stade de la mise en œuvre des premiers tours de table financiers que le créateur doit faire preuve de la plus grande prudence et s’entourer de compétences exprimées par des personnes qu’il aura lui-même désigné comme collaborateurs.
En effet, les expériences comparées des start-up française et européennes montrent que le créateur échoue souvent dans son projet parce qu’il n’a ni su se faire assister pour l’élaboration et la mise en œuvre de son business-plan ainsi que pour l’accompagnement de l’activité, ni su choisir le bon investisseur en capital-risque.
Or, le business-plan est un document indispensable tant parce qu’il est le premier moyen par lequel l’investisseur sollicité se fait une idée du projet qui lui est soumis (sachant qu’il doit en lire jusqu’à 300 par an et se décider très vite compte-tenu de la vitesse d’évolution des technologies nouvelles) que parce qu’il permet au créateur lui-même de se rendre compte de la pertinence de son projet sous l’angle technique, commercial, financier et juridique.

C’est la raison pour laquelle son élaboration sur vingt à vingt-cinq pages requiert l’assistance de spécialistes capable de réaliser des états financiers prévisionnels au vu de l’appréciation portée par l’Anvar, de mettre en place le montage juridique et fiscal le plus efficace pour non seulement empêcher la dilution du pouvoir du créateur face aux investisseurs entrant dans son capital, prévoir la sortie des mêmes investisseurs lorsque l’opération arrive à terme, mais également gérer le patrimoine fiscal et les rémunérations de dirigeants dont l’entreprise ne génère aucun chiffre d’affaires pendant la durée du développement.
Ces informations doivent faire l’objet d’une réflexion orientée par les objectifs du créateur.
Souhaite-t-il développer un produit pour valoriser sa société et revendre à un industriel ou conserver le pouvoir aux fins de diriger une entreprise appelée à s’agrandir ou encore l’introduire en bourse ?
Par ailleurs, le recours aux professionnels précités réalise un filtre intéressant qui permet de sélectionner les investisseurs à solliciter. Or, le choix de l’investisseur ne doit pas être hasardeux puisque comme nous l’annoncions dans nos précédentes chroniques certains se sont spécialisés dans des activités précises et ont constitué des équipes en conséquence.
C’est ainsi que plusieurs start-up ayant négocié un financement auprès d’un capital-risqueur ayant une connaissance insuffisante du marché commercial dans lequel le créateur évoluait ont eu des résultats pour certains décevants et pour d’autres désastreux.
Il est donc important que l’investisseur sollicité à titre de premier financier apporte à la fois les fonds nécessaires mais mette également à la disposition du créateur une équipe d’accompagnement constituée de personnes ayant une connaissance avérée du marché sur lequel évolue la start-up.
Enfin, une fois l’étape du choix de l’investisseur franchi, l’assistance du créateur retrouve sa pertinence car il devra alors faire face non seulement aux choix induits par les nombreuses modalités d’entrée au capital de la start-up mais également aux conséquences de celles-ci quant à sa participation aux décisions stratégiques engageant l’avenir de sa société et l’importance de la plus-value à dégager en cas de sortie.
Au final, les créateurs doivent impérativement contrebalancer la puissance financière des investisseurs en ayant une vision claire de leurs objectifs, un plan de développement à terme réaliste, une capacité à s’entourer de professionnels à même d’anticiper, de gérer leurs préoccupations patrimoniales permettant, d’abord, de convaincre le capital-risqueur de la pertinence du projet et, ensuite, de préserver la propriété du fruit de son travail.
C’est ce manque de préparation initiale et d’accompagnement pendant la phase développement qui expliquent l’impréparation des modalités de sortie de l’investisseur et la défaite fréquente du créateur dans l’affrontement latent pour la préservation du pouvoir dans la start-up pour la réalisation de la plus grande plus-value.
Constance SOLLE




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